James Sacré

Mis en avant

Ce mot silencieux : poésie

Petit laïus pour le prix Yves Cosson (17 mai 2022)

Merci cher Henri Copin de m’accueillir avec ces mots chaleureux, de me rappeler les liens, quelque peu distendus par la vie ailleurs, mais restés bien vivants, qui me rattachent aux paysages, aux gens, à la parole de ma Vendée natale et des pays de la Loire. Oui, Cougou comme le cœur silencieux du monde.

Et merci à l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, et au Conseil Départemental de Loire-Atlantique de me recevoir ici pour me remettre ce prix Yves Cosson et de rejoindre ainsi la compagnie de toutes les voix qui sont venues vous entretenir de poésie. Je regrette d’être avec vous chers amis, à la fois présent et absent sous la forme d’une image qu’un clic sur l’ordinateur va tout à l’heure faire disparaître.  

J’ai trouvé ce titre pour tenter à mon tour de vous parler de poésie :

Ce mot silencieux : poésie

D’abord un poème.

Je le redirai sans doute encore (comment faire autrement ?)

Que j’en sais rien de la poésie. Et aussi ce fait :

Est-ce que vraiment je fais l’effort 

D’y penser un peu avec méthode, comme tant d’autres ?

Est-ce que je voudrais pas

Savoir dire où je veux aller, ce que je refuse, et porter bien en vue de grands problèmes d’existence et d’écriture ?

Peut-on croire (et vrai que j’y crois)

À la possible venue d’un poème

À cause que justement

Je suis pas capable 

D’en dire un peu le comment ni le pourquoi ?

Chers amis, 

J’aimerais bien pouvoir vous remercier en disant ce qu’est la poésie qui nous réunit ici aujourd’hui, et ce qu’est pour moi l’écriture d’un livre de poèmes, mais malheureusement je ne le sais pas. Malheureusement et heureusement peut-être car si je le savais peut-être bien que je n’écrirais plus de poèmes. À vrai dire je n’en sais rien non plus, mais l’idée d’écrire en sachant ce que devrait être un poème ne me chante guère. Certes ce pourrait être une belle activité artisanale, et le plaisir pourrait être grand de fabriquer un parfait objet de mots qui répondrait à ce que je saurais de la poésie, et d’en partager la perfection avec d’éventuels lecteurs.

Comme nous avons toujours une vague idée de ce qu’elle est cette poésie (à cause de l’école, des lectures qu’on a faites, poèmes ou textes théoriques, etc),  il y a sans doute un peu de cet artisanat dans notre pratique (écriture ou lecture) de ce que nous croyons être un poème.

Mais l’expérience d’écrire (et celle de lire aussi sans doute) vient perturber le confort esthético-artisanal dans lequel on pourrait se reposer. Soudain on se demande si les mots nous parlent du monde ou d’eux-mêmes, ou de nous qui écrivons. Et si nous maîtrisons ces mots, quand les voilà qui nous emmènent où nous n’avions pas prévu d’aller ? Bataille et plaisir avec eux… on ressent que le savoir-faire et la maîtrise ne sont pas forcément ce qui compte le plus. On finit par dire que voilà un poème mais on ne sait pas pourquoi et ce poème ne nous explique pas ce qu’est la poésie. Est-on sûr d’ailleurs qu’on vient d’écrire un poème ? C’est probablement pour cela qu’on recommence l’expérience. 

Mais dès que le doute s’est installé après, souvent, de premiers élans d’écriture qui faisaient confiance à des modèles existants ou au contraire qui décidaient d’en prendre le contrepied, mais restant solidement tenus, vivifiés, tendus vers un but, par la matérialité de ces poèmes reconnus comme tels (par nombre d’anthologies par exemple, par des programmes d’enseignement) dès que ce doute né de notre pratique d’écriture apparaît, alors toute recette pour écrire un poème, tout but possible qu’on pourrait se donner pour en écrire un, tout cela finit par encombrer car il y a ce quelque chose d’autre qui surgit soudain, qu’on n’attendait pas, qu’on ne comprend pas bien, qui nous entraîne ailleurs, et c’est plaisir ou malaise : on ne sait plus s’il faut suivre les mots, les sentiments qui accompagnent, ou s’il faut résister, tenter de retrouver une maîtrise… On apprend qu’écrire un poème échappe en fait à toute maîtrise et vient butter contre des obscurités de langage, contre une énigme qu’on ne sait pas qualifier : on devine qu’on la valorise en vain en parlant de l’ineffable, de l’indicible, en la nommant de tout autre grand mot qui voudrait effacer celui d’énigme.… 

Est-ce donc à la recherche de cette énigme qui n’est peut-être rien, qui n’existe peut-être pas, que s’aventure, à chaque fois que je me saisis d’un crayon et d’un peu de papier, mon poème ? Autant de chances que cela se fasse dans l’espérance d’éclaircir un vrai mystère que dans la vaine activité de courir après un mirage que j’imagine au-delà de ce que je ne sais pas dire. 

Dans ce lacis d’ignorances et de désirs qui ne savent pas vraiment ce qu’ils sont, on ne peut que se demander pourquoi et comment on écrit et s’effrayer quelque peu (plutôt que s’en réjouir) des affirmations qui nous viennent. 

Deux autres poèmes :

S’agit-il vraiment de rassembler quelque chose

Alors que tout s’en va, que tout brille

En fugitive poussière, puis la nuit ?

De rassembler des mots

À la place d’on sait pas quoi

Qu’on a vécu, qui vient:

De la poussière de mots, un poème.

                     **

On est content à cause qu’on est arrivé

À un premier état, comme on dit, du poème : un brouillon nettoyé.

On avance mal dans un brouillon

Parmi ses ratures, les bouts de pistes abandonnés, renvois et gribouillis    dans ses marges. Un peu

Comme perdu dans une campagne pas cultivée.

La grande herbe cassée, les épines,

Faut te faire un chemin dans ce qui n’a pas de forme. À la fin

Voilà ce chemin.

On y revient. On l’entretient.

Le problème c’est que bientôt

On n’y reconnaît plus rien : on l’a trop nettoyé.

Quand le poème est terminé

Se retrouve-t-on pas  

Là où tout a commencé ?

L’histoire de la poésie, dans le monde entier, 

Comme un brouillon continué

(Un paradis de poussières, André Dimanche éditeur, 2007.)

Avec ce brouillon toujours repris quel est pourtant ce plaisir, mêlé d’inquiétude et d’interrogation qui nous prend, nous emporte on ne sait pas où durant l’écriture d’un poème ?

Quelle est cette confiance qui nous fait croire qu’avec des mots quelque chose du monde qu’on a vécu, ou qu’on espère vivre, ou qui nous tient dans son présent, quelque chose aussi de la parole ou de la présence des autres, va se mêler à notre pensée, à nos sentiments, pour qu’un poème devienne un objet de langage partageable autant dans l’entente et l’amitié que dans le malentendu et des solitudes silencieusement criées ?

Un dernier poème :

Poème te voilà, si peu de mots, des phrases comme

Une musique plutôt que du sens, une musique

Mais pas vraiment, que des mots :

On saurait mal en mesurer les rythmes.

Et soudain des façons poème que tu as

De les précipiter (distrait, ou qui pense à sait-on quoi ?)

Peu de bruit nous reste dans l’oreille et tu ne proposes

Aucune mélodie qu’on pourrait connaître par cœur. 

(Une petite fille silencieuse, André Dimanche éditeur, 2001.)

Oui, le poème est à la fois une musicalité comme on peut l’entendre quand il est lu à haute voix, en même temps qu’il est aussi du silence ou ce peu de bruit qui va disparaître dans le souvenir qui nous en reste. Le poème aussi croit s’émerveiller devant le monde et dans le langage mais se demande aussitôt si ce monde qu’il s’imagine découvrir n’est pas un mirage et si vraiment les mots disent. La poésie n’est peut-être que cet ondoiement de sens, de matières (graphique et sonore par exemple) entre apparition et de l’effacement, n’est peut-être qu’un insaisissable chat de Schrödinger évoqué tout à l’heure par Henri Copin, elle est peut-être cette énigme dont je parlais plus haut : on ne peut que la poursuivre sans savoir si même on poursuit quelque chose. Etrangement l’interrogation reste mêlée d’inquiétude et d’une insensée confiance : on continue d’écrire ce qu’on appelle des poèmes. Je ne sais pas pourquoi. On continue de vivre aussi malgré la mort qui accompagne.

James Sacré

CHÂTEAU DES DUCS DE BRETAGNE. NANTES

SÉANCE SOLENNELLE DU 23 JUIN 2022

Dominique Pierrelée, PIlar Martinez Vasseur, Thierry Froger, Jacques Gonzales

Affluence au château des ducs de Bretagne pour la remise des prix littéraires 2022 à Thierry Froger et à Jacques Gonzales ainsi qu’à la réception de Pilar Martinez Vasseur, nouveau membre, présentée par Philippe Josserand. La cérémonie était présidée par Émilie Bourdon, conseillère déléguée Culture et proximité qui a remis la médaille de la Ville de Nantes aux lauréats et à Pilar Martinez Vasseur. Pour terminer , Xavier Ménard a lu en castillan deux poèmes de Federico Garcia Lorca et Éric Chartier a fait un hommage à Marcel Proust

PIlar Martinez Vasseur
Emilie Bourdon et Thierry Froger
Jacques Gonzales

PHOTOS XAVIER MENARD. DROITS RÉSERVÉS

Prix littéraires 2022

Prix de l’Académie  

Thierry Froger. Et pourtant, ils existent. Actes Sud   

 Thierry Froger est professeur à l’École des Beaux-Arts de Nantes

Entre l’assassinat de Jaurès et la guerre d’Espagne, entre la grande Histoire et les vies minuscules, comment s’écrit et se détricote la légende des héros ambigus. «Et pourtant ils existent »reconstruit patiemment et non sans malice les exploits questionnables de Florentin Bordes, soldat têtu de la liberté, totem de sa propre famille, au cœur d’un tourbillon romanesque où les voix se répondent, se poursuivent, se contredisent pour démêler équivoques du réel, vérités improbables et infaillibles hypothèses de la fiction. Thierry Froger signe un roman fête foraine dont chaque attraction serait un point de bascule du XXe siècle. Grisant.

Grand prix Jules Verne

Jacques Gonzales. Décrire la terre, Écrire le monde. Glénat

Le livre du bicentenaire de la Société de Géographie, coédité par Glénat

Historien de la médecine, l’auteur a publié notamment une histoire de la procréation humaine. Il est aussi secrétaire général de la Société de géographie depuis 2013 et membre du comité de rédaction de La Géographie Terre des hommes. Auteur de nombreuses publications, il enseigne également en économie et géographie de la santé. 

17/05/2022 : Séance solennelle de l’académie au Conseil départemental de Loire-Atlantique

Dans l’amphithéâtre du Conseil départemental de Loire-Atlantique,
Quai Ceineray à Nantes, s’est tenue

le mardi 17 mai 2022 à 18h00
la traditionnelle séance de printemps
de l’académie littéraire de Bretagne et des pays de la Loire.

En ouverture de la séance, Dominique Poirout, vice-présidente culture et patrimoine du conseil départemental de Loire-Atlantique, représentant Michel Ménard président de cette assemblée, a pris la parole. Dans une intervention juste et sensible, elle a évoqué l’espace essentiel de liberté que constitue dans le monde où nous vivons la littérature en général et les livres en particulier, soulignant leur apport décisif à l’ouverture des esprits comme à l’émancipation intellectuelle de chaque être humain. Pour cette raison, elle a accepté avec plaisir de s’exprimer sur le sujet, en lien avec ses propres convictions personnelles.

Dominique Pierrelée (Chancelier) et Dominique Poirout (Vice-présidente du Conseil départemental)
Photo : Xavier Ménard

A sa suite, Dominique Pierrelée, chancelier de l’Académie littéraire de Bretagne et des pays de la Loire, a souligné l’importance que revêt l’intérêt porté par le département de Loire-Atlantique à l’action poursuivie par l’académie qu’il préside. Cette reconnaissance confirme pour lui, si besoin était, l’intérêt partagé pour ce même objet. Elle constitue également un encouragement pour l’académie à poursuivre ses actions en faveur des livres.

Il revint ensuite à Henri Copin d’évoquer les objectifs principaux de la soirée marquée par la remise du prix de Loire-Atlantique d’une part et du prix Yves Cosson de poésie de l’autre.

De gauche à droite, N. Ménard (chancelier d’honneur), D. Pierrelée (chancelier), L. Moal (lauréate du Prix de Loire-Atlantique), J.-F. Caraës (Pdt. du Jury), J.-Y. Paumier (chancelier d’honneur) Photo: X. Ménard

Prix de Loire-Atlantique 2022

Jean François Caraës, président du jury de ce prix, fut invité à présenter Laurence Moal qui s’est vu attribuer le Prix de Loire Atlantique 2022 pour son ouvrage intitulé Duchesses : Histoire d’un pouvoir au féminin en Bretagne, publié par les Presses Universitaires de Rennes (P.U.R). Comme il le rappelle, le jury a apprécié l’ouvrage non seulement pour l’originalité et le traitement du sujet évoqué, mais aussi pour son aspect pédagogique, notamment par certains parti-pris comme l’adjonction d’un « petit précis illustré » et d’annexes qui permettent à tout public d’y avoir accès.

L’illustration abondante et particulièrement bien choisie forme à elle seule un troisième niveau de lecture. Duchesses est en conclusion un livre destiné à tous publics, qui démythifie le Moyen-âge breton par le prisme des femmes qui y ont tenu le premier rôle.

Étudiante à l’université de Brest, Laurence Moal a réalisé sa maîtrise sous la direction de Jean Kerhervé : Bertrand d’Argentré : Patriote ou historien ?. Sous la direction du même professeur, elle soutint en 2007 sa thèse sur L’étranger en Bretagne aux XIVe et XVe siècles, publiée en 2008. Entre 2007 et 2011, elle fut chargée de cours à l’Université de Bretagne occidentale (site de Quimper) où elle assura des cours de paléographie, puis à l’Université de Rennes 2 où elle donne des cours d’histoire médiévale.

Chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC, université de Bretagne occidentale), Laurence Moal est Professeur agrégé d’histoire et géographie au lycée Amiral Ronac’h de Brest, Docteur en histoire médiévale. Outre de nombreux articles publiés dans des revues nationales et régionales, Laurence Moal est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de Bretagne 

Laurence Moal lors de sa réponse à Jean-François Caraës
  • Auray 1364, un combat pour la Bretagne (2012)
  • Du Guesclin, images et histoire (2015)
  • Le Grand routier de Pierre Garcie dit Ferrande (2019)

Après avoir exprimé ses remerciements pour le prix qui lui a été attribué, Laurence Moal a expliqué le cheminement qui l’a conduit à adopter dans Duchesses la démarche méthodologique qui fut la sienne dans son précédent livre consacré à du Guesclin. Elle s’est prise au jeu consistant à mettre en lumière les particularités de ces femmes aux destins d’exception dont certaines ont certes pris la lumière davantage que d’autres, mais dont les trajectoires respectives méritaient d’être rappelées.

En savoir plus sur Laurence Moal

Laurence Moal (Photo Xavier Ménard)

Université de Brest

Ouest-France

Prix Yves Cosson de poésie 2022

Le prix Yves Cosson de poésie fut attribué à James Sacré pour l’ensemble de son œuvre. Henri Copin effectua la présentation du lauréat en présence (à distance par visioconférence), de ce dernier.  Né en Vendée en 1939, ce poète vécut son enfance dans la ferme familiale. D’abord instituteur, il quitta la France pour mener une carrière universitaire aux Etats-Unis, au Smith College (Massachusetts), et une vie de voyages et de découvertes, dont celle de la poésie américaine.

Habitant Montpellier depuis une vingtaine d’années, son œuvre poétique est riche de près de 60 publications parues depuis les années 70. Elle est marquée par un double ancrage : dans le terroir et la langue de l’enfance d’une part, dans l’ailleurs et l’autre connus au long des voyages, en Europe, aux Etats-Unis, en Italie, au Maroc, d’autre part …

La langue poétique de l’auteur combine l’oralité et l’écrit, la prose et la musicalité. De nombreuses distinctions, études et colloques reconnaissent en lui l’un des premiers poètes de son temps, édité (entre autres) chez Tarabuste, Obsidiane, André Dimanche, Al Manar, et Gallimard collection Poésie.

Parmi ses publications les plus récentes figurent :

  • America solitudes, André Dimanche, 2011
  • Le paysage est sans légende, Al Manar
    Dessins de Guy Calamusa, 2012, prix Max Jacob
  • Parler avec le poème, La Baconnière, 2013
  • Ne sont-elles qu’images muettes et regards qu’on ne comprend pas ?
    Lavis de Colette Deblé, Æncrages & Co, 2014
  • Un désir d’arbres dans les mots
    en collaboration avec Alexandre Hollan illustrateur, 2015
  • Figures de silences, Tarabuste, 2018
    • Prix Théophile-Gautier de l’Académie française
    • Prix Roger-Kowalski ou grand prix de poésie de la ville de Lyon, 2019
  • Sans place et Je s’en va, avec Antoine Emaz, Montpellier, Éditions Méridianes, 2019
  • Quel tissu se déchire, Tarabuste, 2020
  • Broussaille de bleus, avec des dessins de Jacquie Barral, Le Réalgar, L’Orpiment, 2021
  • Figures de solitudes, Tarabuste, 2021
  • Brouettes, dessins d’Yvon Vey, Obsidiane, 2022

Comme s’en explique de façon expressive James Sacré, j’ai pratiqué :

« la boulange de mon langage en mêlant, sans même trop y penser, et surtout sans souci de hiérarchie, le familier et le précieux, le parler réinventé en écrit et le patois avec ses tournures et souvent des mots qui n’ont pas vraiment d’équivalent en français ».

James sacre

Par écran interposé, James Sacré prit en retour la parole, remerciant l’académie pour la distinction reçue. Dans un propos emprunt de simplicité et de sensibilité, il évoqua le permanent mystère que constitue l’acte de poésie en lui-même dans sa recherche permanente de justesse du choix des mots afin d’exprimer la plus forte intensité émotionnelle.

J. Sacré (écran à gauche) participant à distance à la séance.

La séance s’est poursuivie par la lecture par Michel Valmer de plusieurs textes du poète exprimant la richesse de sa palette littéraire, avant la clôture de la séance par un cocktail.

 » On sait qu’on va continuer d’écrire et des éléments pour un prochain livre sont déjà là, disponibles, pour donner forme à ce désir d’écrire. Plutôt matière que forme. Il y a cette guenille de mots, bouchonnée salie de mensonges et d’effarante maladresse, des cahiers et carnets qui ne savaient ou n’osaient pas dire, des essais de poèmes partagés sans vergogne avec des camarades, parfois un professeur, cahiers et carnets qui disent pourtant, qui surtout disent l’indigence et la misère d’un rapport au monde, aux autres, à soi-même

James sacre

En savoir plus sur James Sacré

Wikipedia : Notice sur James Sacré

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Prix Yves Cosson de Poésie 2022

Le Prix Yves Cosson de Poésie 2022 de
l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire
est décerné à
James SACRÉ

Né en Vendée en 1939, James Sacré vécut enfant et adolescent dans la ferme familiale. D’abord instituteur, il a ensuite quitté la France pour une carrière universitaire aux Etats-Unis, au Smith College (Massachusets), et une vie de voyages et de découvertes, dont celle de la poésie américaine. De retour en France il y a près de 20 ans, il vit à Montpellier.

James Sacré, Photo. M. Durigaux

Son œuvre poétique, près de 60 publications depuis les années 70, est profondément marquée par une double postulation : celle du terroir et de la langue de l’enfance, celle de l’ailleurs et de l’autre perçus au long des voyages. La langue prend ainsi en compte l’oralité et l’écrit, la prose et la forme poétique. De nombreuses distinctions, études et colloques  reconnaissent en lui l’un des premiers poètes de son temps.

Il est édité (entre autres) chez Tarabuste, Obsidiane, André Dimanche, Al Manar, et Gallimard collection Poésie.

J’ai pratiqué, déclare-t-il, « la boulange de mon langage en mêlant, sans même trop y penser, et surtout sans souci de hiérarchie, le familier et le précieux, le parler réinventé en écrit et le patois avec ses tournures et souvent des mots qui n’ont pas vraiment d’équivalent en français »

Quelques titres, parmi tant :

  • Quel tissu se déchire ?, éd. Tarabuste, coll. Reprises, 240 p.
  • Les arbres sont aussi du silence,  encres de Chine de Raphaël Segura, éd. Voix d’encre, 84 p.
  • Figures qui bougent un peu et autres poèmes, préface d’Antoine Emaz, éd. Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 280 p.

Le prix Yves Cosson sera remis à James Sacré
mardi 17 mai 2022
au Conseil Départemental de Loire-Atlantique.

Prix de Loire-Atlantique 2022

Le prix de Loire-Atlantique 2022 a été attribué à Laurence Moal pour son ouvrage Duchesses, histoire d’un pouvoir au féminin en Bretagne édité aux Presses universitaires de Rennes.

L’ouvrage :

Depuis plusieurs années maintenant, les femmes font l’objet de travaux historiques, et les études, expositions, colloques, journées d’études et parution de publications ont ponctué les agendas des chercheurs, des amateurs et aussi du grand public. Dans l’histoire médiévale de Bretagne, les duchesses présentaient un sujet de choix qu’il appartenait à une femme de traiter : Laurence Moal s’y est attelée et a pu produire le volume conséquent de 326 pages largement illustré primé par l’Académie. Son sous-titre – « histoire d’un pouvoir au féminin en Bretagne » – est en soi un programme et l’annonce du contenu d’un ouvrage particulièrement bien préfacé par Jean Kerhervé, professeur émérite d’histoire médiévale.

Le propos est déroulé en trois parties : d’abord la place des duchesses dans la sphère publique et leur place dans l’action politique, ensuite leur vie dans l’espace privé jamais complètement privé, enfin la perception que l’on en a eu après elles, entre imaginaire et folklore. C’est ainsi le parcours de 28 femmes qui forme la matière vivante de cette histoire singulière : duchesses, épouses, mères, travail que Jean Kerhervé salue comme « richement documenté, neuf, original ».

A la lecture des 190 pages premières pages, l’histoire des duchesses elles-mêmes, on constate que les clichés ont la vie dure et que les images des princesses ont été souvent revisitées, magnifiées ou dénigrées ; mais ces femmes ont aussi été fréquemment l’objet de discours et d’objets représentés. L’excellente démonstration de Laurence Moal permet de les remettre à leur juste place dans l’histoire de Bretagne et au sein de la société médiévale, et de mieux comprendre toute la place qu’elles doivent y occuper. A elles seules, elles gardent toujours une place de choix dans l’imaginaire breton.

L’ouvrage est complété par un important corpus de notices très illustrées – près de 70 pages – intitulé « petit précis illustré du temps des duchesses ». C’est là un outil pédagogique particulièrement précieux et indispensable pour le lecteur qui ne maîtrise pas toutes les subtilités du langage et des concepts médiévaux, et qui rend la publication de Laurence Moal accessible à tous. Il est accompagné – et c’est naturel – d’annexes qui comprennent la liste exhaustive des duchesses avec une brève notice récapitulative pour chacune d’elles, les indispensables tableaux généalogiques, des repères chronologiques qui permettent de s’y retrouver dans l’histoire de l’Europe médiévale, les sources (imprimées ; les nombreuses références d’archives figurent dans les notes reportées en fin de parties) et une bibliographie sélective, enfin, les index des noms de lieux et de personnes.

Duchesses n’est pas un livre de circonstance sur le sujet des femmes, c’est le livre sur les princesses qui ont tenu un rôle de premier plan dans l’histoire de la Bretagne au Moyen-Age, qui montre comment et pourquoi le pouvoir a toujours été partagé, non seulement sur le plan des institutions, mais aussi par la place qu’ont pu et voulu tenir les « femmes de pouvoir ».

L’appréciation du jury :

Le jury du prix de Loire-Atlantique a apprécié cet ouvrage non seulement pour l’originalité et le traitement très sérieux du sujet, mais aussi par son aspect pédagogique, avec le « petit précis illustré » et les annexes qui permettent à tout public d’y avoir accès. L’illustration abondante et particulièrement bien choisie constitue à elle seule un troisième niveau de lecture, Duchesses est un livre destiné à tous publics, qui démythifie le Moyen-âge breton par le prisme des femmes qui y ont tenu le premier rôle.

L’auteur :

Laurence Moal, est chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC, université de Bretagne occidentale), professeur agrégé d’histoire et géographie au lycée Amiral Ronac’h de Brest, docteur en histoire médiévale, auteur d’une thèse sur L’étranger en Bretagne au Moyen-âge, publiée en 2008. Outre de nombreux articles publiés dans des revues nationales et régionales, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de Bretagne : Auray 1364, un combat pour la Bretagne (2012), Du Guesclin, images et histoire (2015), Le Grand routier de Pierre Garcie dit Ferrande (2019).

Les autres titres en compétition :

Jacques Dabreteau, Stéphane Haugommard, La basilique Saint-Donatien, Coiffard

Coll., Jean Bouchaud, regards sur le monde, catalogue d’exposition, Gent, Snoek

Pascaline Vallée, L’usine LU : des Lefèvre-Utile au Lieu unique, éd. 303

Alejandro Gómez Vivez, Florian Riffet, Le village vertical, La Maison radieuse de Le Corbusier à Rezé, éditions Bow-Window

05/04/2022 : Prix de l’Académie attribué à Thierry Froger

Réuni le mardi 5 avril le jury du Prix de l’Académie
a décerné cette distinction
à Thierry Froger pour Et pourtant ils existent
publié par Actes Sud.

Ecrivain, poète et plasticien, le lauréat, né le 2 juillet 1973 à Angers, vit actuellement et travaille près de Clisson. Son enfance fut influencée par la lumière des paysages ligériens, entre La Pommeraye et Chalonnes.

Agrégé d’arts plastiques, professeur d’enseignement artistique à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire depuis 2020, il a auparavant enseigné pendant vingt ans en lycée.

Son œuvre littéraire s’inscrit dans la perspective de son projet artistique. Ses récits associent plusieurs fils narratifs entrelacés.

Les raisons du jury

 Le jury a apprécié cette intrigue peu conventionnelle et la construction «  savante » qui mêle plusieurs narrations et plusieurs époques.

De Paris à Madrid en passant par Ibiza et Albi, de l’assassinat de Jaurès à nos jours en passant par la guerre d’Espagne, Thierry Froger nous conte l’étrange destin de Raoul Villain, l’assassin de Jaurès…

Un roman choral où des vies minuscules rencontrent la grande Histoire.

Une fresque où la légende et l’imaginaire côtoient des faits réels. Entre fiction et réalité, entre imagination et mensonge Thierry Froger sait réinventer avec humour l’Histoire et dresser des portraits de personnages  fictifs et  attachants qui interrogent notre rapport au réel et à la vérité.

La sélection finale avait retenu, avant le vote final, les trois livres suivants :

Tanguy Viel, La fille qu’on appelle, Editions de Minuit
Marie Vingtras, Blizzard, Editions de l’Olivier
Thierry Froger, Et pourtant ils existent, Actes Sud

La sélection initiale comprenait huit livres :

La définition du bonheur
Catherine Cusset (Gallimard)
Et pourtant ils existent,
Thierry Froger (Actes Sud)
Le festin des hyènes
Fabienne Juhel (Rouergue)
Un libraire
Mérédith Le Dez (Philippe Rey)
Le Consul breton, les neuf vies de l’aventurier Yves Le Roux (1887-1971),
Olivier le Dour (Les portes du large)
Revenir fils
Christophe Perruchas (Rouergue)
La fille qu’on appelle
Tanguy Viel (Minuit)  
Blizzard
Marie Vingtras (Éditions de l’Olivier)

14/12/2021 : Séance solennelle de l’Académie au Château des Ducs de Bretagne (Nantes)

La séance fut ouverte à 18h00 par Dominique Pierrelée, chancelier de l’académie littéraire de Bretagne des pays de la Loire, et par Michel Cocotier, conseiller municipal, délégué à la lecture publique, représentant la ville de Nantes.

Dominique Pierrelée (à droite) et Denis Moreau (à gauche)

Outre les nombreux académiciens fut remarquée dans l’assemblée la présence de :

  • Didier Martin, préfet de la région des Pays de la Loire ;
  • Noëlle Ménard, chancelier d’honneur de l’Académie ;
  • Jean-Yves Paumier, chancelier d’honneur de l’Académie.
De gauche à droite : Jean-Yves Paumier, Didier Martin, Noëlle Ménard, Philippe Josserand.

I – Présentation du Cahier 2022 de l’Académie

Destins des femmes de l’Ouest
Escapade en presqu’île guérandaise

Dans un premier temps, Jean-François Caraës présenta avec humour l’édition 2022 du cahier de l’académie dont il a assuré la coordination, collectant les contributions des académiciens, supervisant la mise en page et l’édition.

Sommaire du Cahier 2022

Destin de femmes de l’Ouest : De Bretagne et de Loire.

  • Ermengarde de Bretagne (1067-1147) – Une vie intérieure (D. Pierrelée)
  • De Nantes à Saumur, le regard d’une Anglaise en 1785 (Cl. Giraud-Labalte)
  • Deux visages féminins, deux poètes celtes (Gh. Lejard)
  • Benoîte Groult : De Concarneau à Doëlan, la Bretagne au cœur (A. Ollivier)
  • Mona Ozouf, une Bretagne matricielle (O. Grenouilleau)

Destin de femmes de l’Ouest : Par la plume, la musique et le sport.

  • Marie Pape-Carpantier : l’école maternelle et les leçons de choses (X. Noël)
  • Mélanie Waldor (1796-1871) (Ch. Robin)
  • Madeleine Vivan ou dans la famille Dallet, je demande la fille (J.-L. Liters)
  • « Comme la plume au vent » Yvonne Meynier (N. Ménard)
  • Clémence Royer, La plus savante des savants (M. Pondevie)
  • Marguerite Le Meignen : 34 ans au service de la musique (P. Barbier)
  • Qui se souvient d’Alice Milliat ? (M. Valmer et Gh. Lejard )

Destin de femmes de l’Ouest : Autour de nous.

  • Bottin de coeur : Elles ont sauvé la tour ! (J. Amyot d’Inville)
  • Irma Kalt, princesse des lignes (Ph. Josserand)
  • Trois poètes pour « un temps de manque » : Cathie Barreau, Albane Gellé,
  • Luce Guilbaud (Fr. Nicol)
  • L’ouïe-lumière : Nathalie Fréour, pastels de la terre et du ciel (H. Copin)

Escapade en presqu’île guérandaise

  • L’Académie et la presqu’île guérandaise (J.-Y. Paumier)
  • Lettres de pays (D. Pierrelée)
  • Sandeau, Balzac et Flaubert dans la presqu’île ! (M. Germain)
  • Piriac et Mesquer en poésie (N. Ménard)
  • Avec Julien Gracq, le temps retrouvé de la presqu’île (J. Boislève)
  • Le Croisic, port d’Art et d’Histoire (J.-Y. Paumier)
  • L’improbable destin des cousines de la Presqu’île (A. George)
  • Le sel des langues (G. Bouatchidzé)
  • Dans les marais-salants de Pont d’Armes : La Légende des Immobiles (X. Noël)
  • Pêcheries écrites, pêcheries dessinées : du Roman de Thèbes aux dessins de Victor Hugo (M.-L. Prévost)

Dans le rétroviseur

  • L’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire a 70 ans
  • Jean de Malestroit (1932-2021), chancelier d’honneur (1976-2000)
  • Marie-Laure Prévost, nouveau membre d’honneur de l’Académie
  • Dominique Pierrelée, Chancelier de l’Académie
  • Nantes en francophonie : Le Fagot de ma mémoire et La Belle d’Occident (H. Copin)
  • Prix littéraires
  • Publications des Académiciens
  • Distinctions des Académiciens
  • Remerciements
  • Liste des membres

II – Réception de Denis Moreau

La séance s’est poursuivie ensuite par la présentation de Denis Moreau, nouveau membre de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, par Philippe Josserand.

Denis Moreau (premier plan), Philippe Josserand (second plan)

Né à Bordeaux en 1967, cet ancien élève de l’ENS-Ulm et membre « junior » de l’Institut universitaire de France, est agrégé et docteur en philosophie. Professeur d’histoire de la philosophie moderne et de philosophie de la religion à l’université de Nantes. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

Bibliographie : ouvrages publiés par Denis Moreau

I- Editions et traductions, souvent à partir du latin : Somme contre les Gentils de Thomas d’Aquin, Paris, Garnier-Flammarion, 1999 ;  Discours de la méthode de Descartes, Paris, Le Livre de Poche, 2000 ; Textes philosophiques d’Antoine Arnauld, Paris, PUF, 2001 ; Principes de la philosophie de Descartes, Paris, Vrin, 2009.

II- Etudes sur Descartes et le cartésianismeDeux cartésiens. La polémique entre Antoine Arnauld et Nicolas Malebranche, Paris, Vrin, 1999 ; Malebranche, Paris, Vrin, 2004 ; Dans le milieu d’une forêt. Essai sur Descartes et le sens de la vie, Paris, Bayard, 2012 ; La Philosophie de Descartes, Paris, Vrin, 2016.

III – Ouvrages destinés au grand public dans lesquels il réfléchit notamment, et en philosophe, sur le christianisme : Les Voies du salut. Un essai philosophique, Paris, Bayard, 2010 ; Pour la vie ? Court traité du mariage et des séparations, Paris, Seuil, 2014 ; Mort, où est ta victoire ? Paris, Bayard, 2017; Comment peut-on être catholique ? , Paris, Seuil, 2018 ; Y a-t-il une philosophie chrétienne ? Trois essais, Paris, Seuil, 2019 ; Nul n’est prophète en son pays. Ces paroles d’Évangiles aux origines de nos formules familières, Paris, Seuil, 2019

Il est également auteur d’un roman (Dans l’ombre d’Adam, Paris, L’Œuvre, 2013) et a co-dirigé, avec Cyrille Michon, un Dictionnaire des monothéismes, Paris, Seuil, 2013. 

III – Lectures

Le 3e temps de la séance officielle fut consacré à différentes lectures effectuées par des membres de l’académie.

Michel Valmer présenta des textes du poète René Guy Cadou.

Annie Ollivier donna lecture d’un extrait de L’ironie du sort de Paul Guimard.

Le 3 mars 2021, Paul Guimard aurait eu 100 ans. Né à Saint-Mars la Jaille, il vécut ensuite à Nantes où il a débuté sa carrière de journaliste. Homme de radio, éditeur, conseiller du président, écrivain, il est l’auteur de romans (Les Faux frères, Rue du Havre [ prix Interallié 1957], les Choses de la vie…..), de pièces de théâtre et de poèmes.

Liens de Paul Guimard avec l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire
1961 : Reçoit le Grand prix de l’Académie pour L’Ironie du sort
1965-1973 : Devient membre actif
1965-2004 : Devient membre d’honneur

Eric Chartier déclama un texte de Victor Hugo, « La Pieuvre »

« Pour croire à la pieuvre, il faut l’avoir vue.
Comparées à la pieuvre, les vieilles hydres font sourire.
À de certains moments, on serait tenté de le penser, l’insaisissable qui flotte en nos songes rencontre dans le possible des aimants auxquels ses linéaments se prennent, et de ces obscures fixations du rêve il sort des êtres.
L’inconnu dispose du prodige, et il s’en sert pour composer le monstre.
Orphée, Homère et Hésiode n’ont pu faire que la Chimère ; Dieu a fait la pieuvre.
Quand Dieu veut, il excelle dans l’exécrable.
Le pourquoi de cette volonté est l’effroi du penseur religieux.
Tous les idéals étant admis, si l’épouvante est un but,
la pieuvre est un chef-d’œuvre. 
»

Dessin de Victor Hugo vers 1866.
Plume, pinceau, encre brune et lavis sur papier crème (357 x 259 mn)
Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, NAF 247452, fol. 382

En conclusion de la séance, Didier Martin, Préfet de la région des Pays de la Loire, fut invité à prendre la parole.

27-28/11/2021 : Festival du livre en Bretagne de Guérande

Après le salon du livre Plumes d’Equinoxe, fin septembre au Croisic, la 17ème édition du Festival du livre en Bretagne de Guérande s’est tenue les 27 et 28 novembre 2021 au centre culturel Athanor à Guérande.
Michel Rivalland et son équipe en charge de la programmation,
ont retenu cette année le thème Romans noirs en Pays blanc
évocateur de la littérature policière.

La présidence d’honneur de la manifestation avait été attribuée à Jorg Bong (de son nom de plume Jean-Luc Bannalec), dont les enquêtes du commissaire Dupin passionnent depuis plusieurs années un large public allemand et français notamment. Rappelons que cet auteur a été admis au sein de notre académie il y a 3 ans, lors de sa séance solennelle du 18 décembre 2018.

Comme nous l’évoquions à cette occasion, né à Bad Godesberg en 1966, Jörg Bong est également éditeur, traducteur, critique littéraire et écrivain. Après des études à l’université rhénane Frédéric Guillaume de Bonn, il prépara à l’université Johann Wolfgang Goethe de Francfort une thèse de doctorat sur L’imagination et les enjeux esthétiques entre la fin du siècle des Lumières et le début du romantisme dans l’œuvre de Ludwig Tieck (1773-1853). En 1997, Jörg Bong rejoignit l’éditeur S. Fisher Verlag, fondé en 1886 par Samuel Fisher à Berlin, qui publia notamment les œuvres de Gerhard Hauptmann, Thomas Mann, Franz Kafka et Sigmund Freud. En complément, il est membre du comité de rédaction de la revue Neue Runschau, créée en 1890 par le critique d’art Otto Brahm et l’éditeur Samuel Fisher. Elle se consacra au début du siècle dernier à la promotion du naturalisme. Rainer Maria Rilke et Thomas Mann contribuèrent notamment à ce forum de la littérature contemporaine.

Jorg Bong (Jean-Luc Bannalec) avec Noëlle Ménard et Jean-Yves Paumier, chanceliers d’honneur de l’Académie.

Parmi les auteurs présents à Guérande figurait également Grégoire Kauffmann, lauréat du Prix de l’Académie en 2020 pour son ouvrage Hôtel de Bretagne, publié par Flammarion. Lors de la remise de cette distinction à son lauréat, le 15 juin dernier, à l’occasion de la séance solennelle de l’académie, au château des ducs de Bretagne à Nantes, la présentation de son ouvrage avait été effectuée par Jean-Louis Liters.

Outre Jorg Bong et Grégoire Kauffmann, le festival eut pour invités d’honneur Christian Blanchard, Évelyne Brisou-Pellen, Daniel Cario, Sylvain Forge, Sophie Hénaff, Hervé Huguen, Dominique Labarrière, Pascal Lamour, Bernard Larhant, Claire Léost et Renaud Van Ruymbeke.

De gauche à droite : Noëlle Ménard et Jean-Yves Paumier, chanceliers d’honneur de l’Académie, avec Grégoire Kauffmann.

Dans un article intéressant, Michel Rivalland rappela dans la plaquette du festival les pionniers britanniques et français du roman policier, avant d’évoquer la veine américaine du « roman noir » et son expression contemporaine en France représentée par Jean-Pierre Manchette, Fred Vargas, Pierre Lemaître, Hervé Le Corre et Frank Bouysse. Il souligna enfin la forme celte du roman policier dans la trilogie écossaise de Peter May, les romans de Ian Rankin, comme ceux de Ken Buren et Stuart Neville en Irlande, ou de Bill James au Pays de Galles.

Remarqué également au salon de Guérande le stand tenu par Victor Bouadjio. Cet auteur, de formation scientifique à l’origine, a enseigné notamment à l’IUT de Nantes, avant de bifurquer vers l’écriture. Il a publié en 1989 Demain est encore loin, chez Balland, récompensé par le Grand Prix littéraire d’Afrique noire, décerné chaque année par l’Association des écrivains de langue française (ADELF). Chez ce même éditeur, il a fait paraître plus récemment La Veneta.

Dominique Pierrelée, Chancelier de l’Académie et Victor Bouadjio, devant le stand d’Ecrire aujourd’hui.

Surtout, Victor Bouadjio œuvre depuis plusieurs années en faveur de la promotion de l’écriture par la publication de guides pratiques d’apprentissage des techniques de l’écriture. Citons dans ce florilège : J’écris mon premier roman, Savoir écrire un article, Ecrire un roman historique ou régionaliste, Ecrire des dialogues, Techniques avancées de fiction, Techniques de récit et composition dramatique, Technique d’écriture romanesque, Travail du style littéraire, Tout savoir sur les maisons d’édition, etc.

Ecrire aujourd’hui organise par ailleurs des ateliers et des séjours d’écriture à Angers, publie depuis 1990 le magazine trimestriel Ecrire Magazine.

En savoir plus

Clin d’œil : Le cahier de l’Académie Le polar s’écrit à l’Ouest près d’un éventaire de romans policiers.

18/11/2021 : Café littéraire (Muséum d’histoire naturelle)

Les livres de la rentrée
Séance animée par Stéphanie Hanet

14h15 – 15h15 : Les livres de la rentrée

  • Henri Copin. Mohamed M Bougar Sarr. La plus secrète mémoire des hommes. Philippe Rey
  • Michel Valmer. Kerwin Spire. Monsieur Romain Gary. Consul général de France. Gallimard
  • Catherine Telle. Marie Vingtras. Blizzard. L’Olivier
  • Antoine George. Tanguy Viel . La Fille qu’on appelle. Minuit
  • Stéphanie Hanet. Marie Mangez. Le parfum des cendres. Finitude

15h15 – 15h40 : Les livres de l’Ouest

Actualité des livres en région, préparée par Noëlle Ménard et Jean-Yves Paumier

  • Noëlle Ménard. Patrick Deville. Fenua. Seuil
  • Jean-Yves Paumier. Michel Germain. Un voilier nommé Kurun. Dans le sillage de Jacques-Yves Le Toumelin. Nautilus

14h45 – 16h00 : Les coups de coeur

Les Coups de cœur.

Passe sanitaire et mesures barrières obligatoires.

107 fauteuils, 14 strapontins, et 4 places PMR

Le Café littéraire a été imaginé en 1998 par Catherine Decours, Jean Amyot d’Inville et Jean-Yves Paumier.
Avec le concours des Livres de l’Ouest, des Bibliothèques pour tous,
de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire,
de la librairie Coiffard et du Muséum d’histoire naturelle.